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  • anaisnourguitarles

Postal Card Brazil 21

Updated: Apr 4


Pièce acousmatique pour système sonore immersif (10min)

Première au Forum Bypass 2021, Toulouse, Commande d’éOle studio.


Cette composition est une version acousmatique d’une carte postale adressée au compositeur Bertrand Dubedout. J’ai transposé l’idée de décrire une vaste expérience, un grand voyage, à travers l’objet limité de la carte postale, une image caractéristique accompagnée d’un court texte souvent formalisé, en une expérience auditive. De cette analogie, ont résulté quelques contraintes: la confection d’une pièce courte, de laquelle les auditeurs recevraient néanmoins une impression exhaustive et satisfaisante à la fin de l’écoute. J’ai aussi voulu conserver l'aspect humoristique du genre postal consistant à écrire des banalités météorologiques, à côté de remarques existentielles liées à la découverte d’un nouveau monde.

La composition prend la forme d’un récit qui avance à travers différents paysages sonores, entre réalité et fiction. Cette histoire prend dès le début une tournure surréaliste en recréant des paysages sonores artificiels, de légèrement à largement manipulés, ce qui provoque une certaine confusion. Nous considérons trois strates avec le conteur, la personne à qui il s’adresse, Bertrand, et les flashbacks de paysages sonores recomposés. Ce faisant, une étrange dynamique s’installe, où le public se trouve dans une position ambiguë d’écouter une carte postale qui ne leur est pas destinée. Il est d’une certaine manière obligé d’interpréter les signes pour en déduire la nature de cette relation.

Recherches:

J’ai passé les mois d’aout et de septembre 2021 en voyage au Brésil, où j’ai réalisé un grand nombre d’enregistrements, en utilisant les trois techniques développées par Hildegard Westerkamp: The moving microphone-The searching microphone-The stationary microphone. J’ai pu découvrir la ville de Rio de Janeiro en enregistrant, partout où j’allais, l’environnement sonore foisonnant et complexe. La musique et la danse étaient continuellement présentes dehors, se mêlant au grand « bruit » de la ville, la diversité des paysages sonores changeant selon chaque quartier et son milieu social.

En contraste avec les sons de ville, je me suis rendue à l’Ilha Grande dans l’état de Rio de Janeiro, à seulement quelques heures de bateau de la ville. J’y ai mené une expédition sonore consistant à faire le tour complet de l’île en marchant à travers la forêt océanique, enregistreur à la main. L’Ilha Grande est un endroit fascinant, notamment pour son environnement sonore lié à son histoire bien particulière. Seulement habitée depuis vingts ans, cette île servait précédemment de prison de haute sécurité pour les prisonniers les plus dangereux et les dictateurs du système pénal brésilien. L’île a donc conservé une diversité d’espèces animales et végétales impressionnante. Aussi, aucune voiture n’est autorisée à entrer sur l’île, ce qui est particulièrement propice à l’enregistrement. Lors du tour à pieds de soixante kilomètres, j’ai eu la chance d’y enregistrer la jungle dans toute sa richesse sonore : avec ses insectes énormes, ses oiseaux sonnant comme des trompettes, ses grenouilles gigantesques, ses singes furieux, de nuit comme de jour, et même les chansons des effrayants militaires d’unité spéciale « Bop » que j’ai surpris en plein entrainement.



Il ne s’agissait nullement de réaliser un documentaire de paysage sonore, c’est pourquoi j’ai orienté mes enregistrements dans une direction intime, faisant apparaître ma propre voix et celle de mes compagnons de voyage, mêlant intimité et scènes de reportage toujours avec une perspective propre à chaque enregistrement. L’Ilha Grande est le parfait exemple de l’importance des paysages sonores, leur impact sur notre compréhension de l’histoire et de l’évolution d’un endroit au fil du temps.


Notice de concert de la pièce:


Le 12 septembre 2021 Rio de Janeiro, Brésil


Cher Bertrand,


Je vous écrits depuis le la Côtes Sud-Est brésilienne où nous profitons du printemps. Ici, les constellations sont inversées et tout est immensité : les monts, les forêts, les oiseaux, les insectes... J ́ y découvre une vie sonore foisonnante. Comme les grenouilles cyclopéennes nous empêchent de dormir la nuit, il nous faut sortir danser aux rythmes de la samba jusqu’au petit matin. Alors, nous plongeons dans les affres de la passion : danses amoureuses, euphorie, opulence... Chancelant entre extase et démérite d’être tant épargnées. Afin de vous partager cette expérience des plus stupéfiantes, je vous compose une carte postale électroacoustique: „Posta card BRASIL 21“ (7minutes), que vous recevrez avant nos retrouvailles le 27 novembre.


Avec toute mon amitié, Beste Grüße aus Rio! Anaïs-Nour










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